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Recueil de nouvelles policières

Par JIMMY CASPAR, publié le jeudi 28 juin 2018 15:50 - Mis à jour le jeudi 28 juin 2018 16:25
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Travail réalisé par les élèves de 4ème 1 et 2 en cours de français avec M. Caspar.

Sommaire :
- Un témoignage choquant : comment j'ai mystérieusement contracté la maladie du Sida par Manon Moureau
- À toi de me trouver par Axel Demot, Marie Kratz & Joachim Zusatz (4°2)
- Le meurtre du 4 de la rue du cimetière par Arthur Scheer, Liam Beutelstetter, Juliette Lange (4°2)
- Meurtre à l'usine : l'affaire du bracelet par Lou Piccin (4°1)
- Meurtre à Las Vegas par Amélie Dzanic (4°1)

* * *

Un témoignage choquant : comment j'ai mystérieusement contracté la maladie du Sida
par Manon Moureau (4°2)

La veille de mon examen médical, tout allait bien : avec mon mari, nous étions allés au cinéma pour nous divertir. Il faut dire qu'il était rare que nous sortions ainsi. Je savais depuis un mois déjà que j'avais un contrôle de routine le lendemain.

Le moment venu, je me rendis au cabinet médical et jamais je ne me serais doutée que j'étais séropositive. Or le médecin vint me voir avec un air soucieux et attristé. Je me demandai alors ce qui n'allait pas. Il m'annonça d'une voix grave, avec difficulté, que mes résultats montraient la présence du Sida. À ce moment-là, je perdis mon sang froid. Comment avais-je pu attraper le Sida, alors que mon mari ne l'avait pas et que l'on se protégeait ? Ce n'était pas normal, il avait dû se passer quelque chose. Était-ce un crime ?

Je me posais donc des milliers de questions, auxquelles j'allais essayer de répondre, en tant que détective. C'était de loin la plus tragique de mes enquêtes qui m'attendait : celle d'une femme innocente, moi-même, contaminée par cette horrible maladie.

Tout d'abord, je me renseignai sur la toile pour m'instruire sur les modes de diffusion du virus. J'y découvris un extrait de roman policier parlant d'une femme qui avait attrapé le Sida en s'asseyant sur un siège de cinéma. On y expliquait que des seringues infectées avaient été placées en-dessous de son siège. Cela m'interpella, je courus alors au cinéma pour inspecter la place que j'avais occupée. Bingo ! Il y avait bien des seringues, probablement contaminées. Il ne me restait plus qu'à trouver le fou à l'origine de ce mauvais tour.

Je fis analyser les seringues, mais rien : aucune empreinte. Toutefois, le sang qui se trouvait à l'intérieur n'était pas n'importe lequel, faisant partie d'un groupe sanguin rare, très rare : il n'y avait que cinquante personnes dans le monde à avoir ce sang-là.

Voilà qui me facilita la tâche : je découvris l'identité d'à peu près la moitié des suspects, qui n'avaient aucun casier judiciaire. Je trouvai les vingt-quatre autres, mais une identité semblait introuvable. Je repris alors la piste du roman policier que j'avais trouvé sur le net. L'auteur de ce livre ne m'était pas inconnu : William Potter.

C'était le nom de mon ancien petit ami, que j'avais quitté à la suite d'un examen médical indiquant qu'il était porteur du Sida. Je me rendis chez lui. Il n'était pas là, alors j'entrai par effraction et je découvris le plan d'un nouveau crime, organisé exactement comme celui dont j'avais été la victime.

Abasourdie par cette découverte, je revins sur les lieux accompagnée par la police. Il était là. On l'arrêta pour l'amener au commissariat. Il fut condamné à quinze ans de prison ferme.

* * *

À toi de me trouver
par Axel Demot, Marie Kratz & Joachim Zusatz (4°2)

Vendredi soir, pendant une nuit très sombre et orageuse, lors d'une soirée pyjama, une bande d'adolescents retrouva le corps d'une amie dans le jardin. Mutilée et griffée sur tout le visage, cette dernière avait été découpée en morceaux. Avec la pluie, le sang s'écoulait jusqu'à la rivière voisine. Le tueur n'ayant pas été arrêté, on fit appel à un détective privé québécois : l'inspecteur Carlito.

Ce dernier, décidé à chercher le coupable sans relâche, rejoignit la bande d'amis de la victime et se rendit avec eux sur les lieux du crime afin d'y trouver des indices. On pouvait y voir l'emplacement du corps de la jeune fille, encore ensanglanté de la veille. L'ambiance était glaciale et il faisait très sombre. L'inspecteur Carlito, qui avait une peur bleue du noir, avait horreur des endroits sombres et ne sortait jamais sans sa lampe torche. D'abord déboussolé, il reprit ses esprits et se mit à la recherche d'indices. Rien sur les lieux, seulement le sang de la victime, étalé un peu partout. Mais aucune trace du coupable.

Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter les lieux, Tyler, un membre du groupe, trouva une clé USB dans sa poche. Elle était signée « Le coupable ». Il avertit immédiatement les autres et ouvrit le fichier qui s'y trouvait. C'était une sorte d'énigme. Il était écrit : « À celui qui m'a trouvé : je suis la première lettre de ton groupe favori. Qui suis-je ? » Tyler comprit rapidement qu'il s'agissait de lui, alors il résolut le mystère et trouva la lettre A, du groupe AC/DC. Tout le monde se demandait quelle était la signification de cette réponse, si cela allait les aider ou les induire en erreur.

Le jour suivant, Elena, membre de la troupe également, trouva elle aussi une clé USB dans son tiroir à chaussettes. Elle appela Carlito et ses amis pour l'ouvrir. Son énigme apparut. Elle disait : « À celui qui m'a trouvé : je suis la troisième lettre de ta fleur préférée. Qui suis-je ? » Elle trouva la lettre T, pour la fleur de lotus. Tous se demandaient comment le meurtrier pouvait connaître autant de choses sur eux, ce qui éveilla de nombreuses questions.

Deux jours plus tard, Ryan trouva à son tour une clé USB, dans sa chaussure. Il ne prit pas la peine de prévenir les autres car il connaissait déjà le système de ces énigmes. Comme dans chaque fichier, la question apparut : « À celui qui m'a trouvé : je suis la dernière lettre de ton animal préféré. Qui suis-je ? » Comme ses amis, il la résolut facilement et trouva la lettre E, pour le tigre. Il envoya un message à l'inspecteur pour l'en informer.

Seul Etan n'avait pas reçu de clé USB, sans doute car il était parti en voyage avec ses parents.

La dernière fut retrouvée par l'inspecteur lui-même, qui ouvrit le fichier pour accéder à sa propre énigme. Il était écrit : « À celui qui m'a trouvé : je suis la première lettre de ta plus grande peur. Qui suis-je ? » Il obtint la lettre N, en raison de sa peur effroyable du noir.

Il comprit alors qu'il devait assembler toutes les lettres obtenues afin de trouver le coupable et remarqua que l'ensemble formait le nom Etan, un nom drôlement familier. Était-il réellement parti en vacances ? Ou était-il l'auteur de ces énigmes ? Plus aucun doute sur celui qui était à l'origine du meurtre. Ce qu'il fallait encore éclaircir, c'était pourquoi il avait fait cela.

L'inspecteur Carlito sonna à l'appartement d'Etan, accompagné de deux officiers de police armés auxquels il demanda de se cacher et d'attendre ses instructions.

Etan ouvrit et sembla surpris de voir le détective, mais le laissa entrer et l'invita à boire un verre. Il lui servit une bière et en profita pour lui demander s'il avait trouvé le coupable.
« Oui, je pense, même si je n'en suis pas sûr à cent pour cent, répondit Carlito.
- Comment ça ? rétorqua Etan.
- Eh bien, tout montre que c'est lui, mais je n'arrive pas à y croire.
- Et qui est-ce, selon vous ? reprit Etan.
- C'est toi ! lui dit l'inspecteur. »
Etan ricana et s'exclama :
« Mais vous êtes complètement fou !
- Malheureusement, non. Tabernacle, comment as-tu pu faire ça à tes amis ? Tu vas t'expliquer, maintenant : quel est ton mobile ?
- Je vais tout vous expliquer : j'ai tué Cassandra pour me venger.
- Te venger de quoi ?
- Lorsque nous étions petits, Cassandra avait trouvé une seringue sur un trottoir, elle voulait jouer au docteur et me piqua. Quelques semaines plus tard, mon médecin me diagnostiqua la maladie du Sida. Il ne me reste plus que quelques années à vivre et je voulais me venger avant de mourir.
- Eh bien, mon petit, tu passeras le temps qu'il te reste à vivre derrière les barreaux, rétorqua l'inspecteur. »

Il fit alors signe aux policiers cachés derrière la porte, pour qu'ils emmènent Etan au poste de police. Ce dernier, dévasté, prit une arme de sa poche et cria « Je préfère mourir ! », avant de se tirer une balle dans la tête.

* * *

Le meurtre du 4 de la rue du cimetière
par Arthur Scheer, Liam Beutelstetter, Juliette Lange (4°2)

Le détective Andreï Blue découvrit dans le journal une affaire intrigante :
« Une femme d'une trentaine d'années a été retrouvée morte devant le 4 de la rue du cimetière. Le corps ensanglanté n'ayant pu être identifié par les services de police, une enquête a été ouverte pour découvrir le coupable. D'après le médecin légiste, la victime est morte d'une dizaine de coups de couteau très violents sur le haut de sa tête. »

Après sa lecture, Andreï se dirigea immédiatement vers le lieu du crime. Arrivé à l'adresse indiquée, il interpella les policiers sur place : « Je suis Andreï Blue, détective de Paris, et je viens pour élucider ce meurtre ! » Surpris, les policiers le laissèrent entrer dans la zone du crime, où il observa la victime. Il se rendit vite compte que sur le barbelé séparant l'avant du 4 et le parking à l'arrière, il y avait un tissu couvert de sang. Ce sang correspondait certainement à celui de la victime. Il voulut sonner au numéro 4, quand un policier lui précisa que personne ne vivait là depuis deux ans. Pourtant, il remarqua que la fenêtre était ouverte. « On n'aère pas une maison abandonnée » se dit-il.

Il y entra et constata que la demeure était clairement habitée. Il se renseigna pour découvrir les coordonnées du propriétaire, qu'il appela aussitôt. Ce dernier lui expliqua qu'une femme du nom de Élisa Smith avait emménagé le jour précédant le drame et qu'elle n'avait pas encore eu le temps de déclarer qu'elle vivait à cette adresse. Andreï alla chez les autres voisins pour essayer de trouver un quelconque témoin. Une vieille dame lui annonça qu'un homme vivait sur le toit de l'immeuble et qu'il avait sûrement vu quelque chose. Il monta donc sur le toit, où il vit une vieille cabane en bois. L'homme à l'intérieur était roux et avait un air un peu fou. Il affirma n'avoir rien vu, mais il avait entendu un cri pendant la nuit du meurtre. Blue lui demanda ce qu'il faisait ce soir-là, mais il avait un bon alibi : il avait invité un ami pour le repas. Le rouquin lui demanda de le tenir au courant de l'avancée de l'enquête.

Le détective fit ensuite des recherches sur cette Élisa Smith et trouva son casier judiciaire, dans lequel se trouvaient plusieurs plaintes pour harcèlement : elle avait tendance à s'attaquer aux plus faibles. Toutes les personnes concernées pouvaient donc être le coupable et la liste était longue. « Καλό (kalό) ! » s'exclama Blue. Il regarda la liste des victimes de harcèlement et l'un d'entre eux, qui était devenu agressif suite à ces incidents, habitait au 10 de la rue du cimetière. Blue se rendit à l'adresse de cet homme, nommé Edward Kenway, qui lui expliqua que la présence d’Élisa dans sa rue lui était inconnue et que son agressivité avait depuis longtemps été soignée. De plus, il était au cinéma le soir de l'assassinat, ce dont il n'avait en revanche aucune preuve.

Comme il le lui avait demandé, le détective tint le rouquin informé du déroulement de l'enquête en dînant avec lui. Ils burent une bouteille de vodka durant la soirée et le rouquin lui dévoila alors son nom : il s'appelait Jimmy Wesley. Le lendemain, Blue chercha dans la base de données de la police (qui pour une fois avait bien voulu l'aider), passa quelques coups de fil et rendit visite à plusieurs personnes. Il fit des découvertes très intéressantes sur le passé de ce dénommé Wesley. Il se rappela alors d'un détail crucial : le tissu ; il lui sembla, malgré sa consommation excessive d'alcool qui lui brouillait un peu les idées, qu'il avait vu chez le rouquin un vêtement déchiré et taché de sang. Énervé contre lui-même de ne pas l'avoir réalisé plus tôt, il appela le service de police chargé de l'enquête afin de convoquer tous les suspects potentiels, ainsi que Jimmy, afin d'expliquer le fin mot de l'enquête à tout le monde.

Il commença par préciser que le coupable était très sûrement une des personnes qu’Élisa avait harcelées. Il assura que cela ne pouvait pas être M. Dupont car il avait la preuve qu'il était rentré à Paris la veille. Cela ne pouvait pas non plus être M. Zusatz car il était à l'hôpital le soir du crime, à cause d'une crise d'asthme. Mme Isgare, elle, travaillait de nuit à l'autre bout de la ville. La personne la plus proche du lieu du crime ce soir-là était M. Kenway, mais il n'y avait rien d'accablant contre lui.

« En réfléchissant bien, expliqua Andreï, il reste encore une personne, que je n'ai pas trouvée dans le dossier car elle n'est déclarée nulle part, à aucune adresse dans Paris. Or j'ai des preuves irréfutables contre ce suspect car en dînant chez lui, j'ai remarqué un tissu ensanglanté sur un de ses habits traînant par terre. L'alibi qu'il m'avait donné était donc finalement du toc. Après s'être fait renvoyer pour agressivité suite au harcèlement infligé par la victime, il perdit le contrôle de lui-même en la voyant. Et cette personne, c'est... M. Wesley. N'ai-je pas raison, Jimmy ? »

Le rouquin commença à courir pour prendre la fuite, mais la police le rattrapa et l'emmena au poste. Il déclara que ce n'était qu'un accident et passa devant le tribunal après plusieurs mois. On décida de ne pas le condamner, mais de l'envoyer dans un hôpital psychiatrique.

* * *

Meurtre à l'usine : l'affaire du bracelet
par Lou Piccin (4°1)

Ce jeudi 18 février 2017, à Dijon, la femme de ménage d'une usine a été retrouvée morte sur son lieu de travail, assassinée d'une balle tirée à l'arrière de la tête. La victime, du nom de Béatrice Fudler, âgée de 65 ans et originaire de Besançon, était de service au moment du meurtre, qui a été commis à 23 heures selon les enquêteurs arrivés sur place six heures après le drame. Personne n'était présent au moment des faits et il n'y a eu aucun témoin. C'est Emma Schmitt, une employée de l'usine, qui a découvert le corps.

Antonio Donatello, un enquêteur d'origine italienne vivant à Marseille, se précipite à Dijon après avoir été appelé pour enquêter sur ce meurtre. En arrivant sur les lieux du crime, il découvre, à côté de la femme étalée par terre, un bracelet comportant l'inscription 08/11/15. Il le ramasse et déduit après l'avoir examiné qu'il ne s'agit probablement pas du bracelet de la victime, mais de celui du meurtrier. Il se dirige vers Emma, lui montre le bracelet et lui demande s'il appartenait à Béatrice. Emma, après avoir regardé le bracelet, le repousse immédiatement vers l'enquêteur. Ce dernier fronce les sourcils, passe sa main dans ses cheveux, ouvre sa sacoche et sort une cacahuète, qu'il mange en observant la femme. Avec une grosse voix, il lui demande si elle sait quelque chose sur ce bracelet. Elle s'agite et nie d'un air énervé, avant de s'en aller en prétendant être pressée.

Donatello continue alors ses recherches, d'avis que le meurtrier a dû partir très vite, pour laisser derrière lui un tel indice, qui avait sûrement une valeur émotionnelle. Il cherche alors comment le coupable est entré. La police l'informe qu'aucune porte n'a été forcée et aucune fenêtre brisée. Sur les vidéos de surveillance, on constate que le meurtrier est resté hors du champ de vision des caméras. Donatello en déduit qu'il connaissait l'usine et qu'il avait les clés. Il cherche alors des informations sur Emma Schmitt, qui a eu un comportement si étrange à la vue du bracelet. Il apprend qu'elle est divorcée et qu'elle a une fille née en 2015, ce qui correspond à l'année inscrite sur le bracelet. Il demande à interroger la femme plus longuement.

Lors de cet interrogatoire, il découvre que la naissance de sa fille correspond exactement à la date indiquée sur le bracelet. Il lui demande pourquoi elle a tué Béatrice, mais celle-ci lui assure qu'elle n'était pas là au moment du meurtre et Donatello trouve des témoins confirmant qu'elle était bien au restaurant à ce moment. En se penchant sur son casier judiciaire, il découvre néanmoins qu'elle porte plainte depuis plusieurs années déjà contre son employeur, José Müller, qui l'aurait violée. Les faits ont commencé en 2015, alors qu'elle était encore en couple avec Léo Sanchez, avant son divorce.

Donatello décide donc de convoquer l'ex-mari, un homme de 23 ans, aux yeux marron et aux cheveux châtain foncé, qui mesure 1,88m et qui est couvert de tatouages, y compris sur le visage. Il porte un costume bleu, avec une rose glissée dans la poche de son veston, une cravate et des mocassins, quand il arrive au poste, l'air stressé. L'enquêteur commence par lui poser des questions sur sa relation avec Emma et sa fille, et ce dernier lui répond qu'il est resté très bon ami avec son ex-femme et qu'il voit sa fille toutes les semaines. Donatello lui demande ensuite s'il connaissait la victime et ce qu'il faisait au moment du meurtre. Léo devient alors tout blanc et déglutit sa salive, il réfléchit avant de répondre qu'il dormait probablement à cette heure. Quand Antonio lui montre le bracelet, Léo, choqué, lui demande où il l'a trouvé. L'enquêteur lui montre alors les photographies de Béatrice décédée et lui répond : « Ici ».

Léo fond en larmes et lui avoue tout :
« Je ne voulais pas la tuer, j'y suis allé pour tuer le patron d'Emma. Vous savez, ça fait trois ans qu'il la viole et elle est la mère de mon enfant. Je voulais que tout ça s'arrête, mais les plaintes contre agression n'ont jamais abouti. Alors j'ai pris les clés d'Emma ; je connaissais l'usine car je m'y étais rendu lorsque nous étions encore ensemble. Sur place, j'ai cru voir José debout, j'ai tiré sans hésiter, pour que ma fille puisse grandir de manière saine, avec une mère apaisée, menant une vie tranquille. Mais j'ai vu que ce n'était pas José et que je venais de tuer une innocente. J'ai pris peur et je suis parti aussitôt. »

* * *

Meurtre à Las Vegas
par Amélie Dzanic (4°1)

Au matin du 23 juin dernier, un homme a été retrouvé mort, poignardé à la poitrine, dans sa maison à Las Vegas. C'est le facteur, un petit homme aux cheveux noirs, qui a découvert en venant déposer un colis le corps baignant dans une mare de sang. La victime s'appelait James Brown et il s'agissait d'un banquier d'environ 45 ans, qui vivait seul. La commissaire Katrine Wolfhard, une femme très professionnelle âgée de 29 ans, se rendit immédiatement sur les lieux du crime, accompagnée par son collègue Martin.

« C'est là que le corps de la victime a été trouvé ? C'est son sang ? demanda la commissaire en pointant la tache rougeâtre au sol.
- Oui, c'est ça. On a aussi trouvé du sang juste là, sur la table, comme si quelqu'un s'y était cogné. »
Le lieu du crime était une de ces grandes maisons modernes de Las Vegas : il y avait une grande pièce pour le salon, la salle à manger et la cuisine, ainsi que de grandes baies vitrées qui donnaient sur une piscine à l'extérieur. La commissaire et ses collègues continuèrent à chercher des indices, quoi que ce soit qui pourrait leur donner une piste. Après plusieurs heures de recherches, la commissaire trouva enfin quelque chose.
« Martin, venez voir ça !
- Un cheveu ? D'un homme ou d'une femme, à votre avis ? »
Le cheveu retrouvé était noir et bouclé.
« Aucune idée, ça pourrait très bien être l'un ou l'autre. Mais il y en a plusieurs, comme si on avait tiré les cheveux de la personne à qui ils appartiennent. De plus, ils sont noirs, donc ils ne peuvent pas venir de la victime, qui a les cheveux blonds. Je suppose que le coupable s'est probablement battu avec notre victime. »

Plusieurs tiroirs de la maison étaient ouverts, ainsi que la porte-fenêtre menant au jardin, mais on n'avait trouvé aucun signe d'effraction. La commissaire en conclut que le propriétaire avait peut-être laissé la porte ouverte par erreur.

L'atmosphère était lourde et la chaleur étouffante, il était dur de se concentrer mais elle continua son investigation.
« Bon, récapitulons : d'après tout ce qu'on sait déjà, la personne qu'on cherche doit avoir de longs cheveux noirs et bouclés, être âgée de moins de 45 ans et avoir des blessures au visage suite à son altercation avec la victime. Voici comment le crime a dû se dérouler selon moi : le coupable est probablement venu voler quelque chose chez la victime, cette dernière l'a vu et ils se sont battus. Le coupable a sans doute fini par tuer la victime pendant la bagarre. Envoyez la pièce à conviction au laboratoire pour réaliser un test ADN et appelez-moi quand les résultats seront prêts. »

Quand les résultats arrivèrent, Martin l'informa que l'ADN retrouvé ne correspondait à aucune archive. La commissaire décida de retourner sur les lieux du crime, afin de s'assurer qu'elle n'avait rien oublié. En arrivant devant la maison, elle vit un jeune homme qui s'approchait de la maison et qui semblait très intrigué.
« Eh, toi ! Tu n'as pas le droit de venir ici, c'est interdit au public.
- Pardon, je voulais juste jeter un œil, je m'en vais. »
Il avait un fort accent, probablement russe ou ukrainien, et devait avoir une quinzaine d'années environ. Il ne fallut que quelques secondes à la commissaire pour faire le lien avec son affaire : ce garçon était la description parfaite de la personne qu'elle cherchait, avec ses cheveux noirs et bouclés qui lui tombaient sous les oreilles, et surtout son visage couvert de blessures. Elle s'empressa de le rattraper avant qu'il ne soit trop loin.
« J'ai quelques questions à te poser. Tu vas venir avec moi. »
Le jeune homme accepta, mais il avait l'air beaucoup plus nerveux qu'avant. Physiquement, il était mince et très grand pour son âge. Il sentait l'alcool et le tabac et il se droguait probablement. Il portait des habits foncés qui n'était pas en très bon état. Une fois au poste, la commissaire commença son interrogatoire :
« Tu vas me dire ton prénom, ton nom et ton âge.
- Boris Pavloski. J'ai seize ans.
- Où étais-tu, le 22 juin au soir ?
- J'étais chez moi, seul, répondit-il d'une voix plutôt calme.
- Et où étaient tes parents ?
- Ma mère est morte, quant à mon père, je ne sais pas.
- Comment t'es-tu fait ses blessures au visage ?
- C'est quelqu'un, au lycée... »

Boris continua à répondre assez calmement aux questions de la commissaire, mais il devint de plus en plus nerveux. La commissaire décida alors d'aller droit au but :
« Écoute, on a trouvé ça sur les lieux du crime.
- Ça peut être à n'importe qui, je ne suis pas le seul à avoir ce type de cheveux. »
De plus en plus angoissé, il commença à se ronger les ongles.
« Pourquoi t'approchais-tu du lieu du crime, tout à l'heure ? »
Elle le regardait d'une manière intimidante, afin d'augmenter la pression.
« Je... Je peux faire une pause ? J'ai envie de fumer.
- Très bien, je t'accompagne. »

La commissaire ramassa alors le mégot de cigarette que Boris jeta sans réfléchir, afin de l'envoyer au laboratoire pour une analyse ADN. Persuadée qu'elle tenait le coupable, elle le garda jusqu'à recevoir les résultats.
« Qu'est-ce qui vous persuade que c'est lui le coupable ? lui demanda Martin.
- C'est évident, je veux dire : tu as vu comment il est... Il a sûrement voulu voler quelque chose, le propriétaire est rentré, il a paniqué. Il se drogue et il boit, il n'est pas normal, ce gamin. »

En effet, l'ADN correspondait : Boris était donc bien l'assassin de James Brown. Il avoua tout :
« Mais... Je ne voulais pas... Je le jure. Tout ce que je voulais, c'était l'argent, pour quitter Las Vegas avec un ami. Mon père n'est jamais à la maison et quand il est là, il est ivre et me bat. Cet homme avait laissé sa porte ouverte, je suis entré mais il est arrivé et a composé le numéro de la police. Je ne savais pas quoi faire, on s'est frappé et...
- Eh bien, tu pourras dire à ton ami qu'il partira sans toi, parce que pour toi, c'est la prison. »

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